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Un regard sur la santé mentale dans l’industrie des énergies renouvelables: Comment ça va? Non mais, pour de vrai?

24-mai-2023

Un regard sur la santé mentale dans l'industrie des énergies renouvelables: Comment ça va? Non mais, pour de vrai?

Matt Côté

La santé mentale au travail, à ne surtout pas négliger pour améliorer la sécurité, l’efficacité, le recrutement et la rétention dans le secteur de l’énergie renouvelable.

Non mais, pour de vrai?

Si la réponse est « très mal, mais c’est gentil de demander », dites-vous qu’au moins, ça montre toute l’importance de la santé mentale au travail.

En tant que directeur des opérations de CanREA ayant une décennie d’expérience en exploitation de l’énergie renouvelable, j’ai constaté par moi-même l’incidence de la santé mentale sur la vie professionnelle. C’est pourquoi hors du bureau, je fais de mon mieux pour être bien dans ma tête en faisant de l’exercice, en profitant de la nature et en jouant à Minecraft avec mon fils. Et au bureau, je fais la promotion des programmes et des initiatives de sensibilisation à la santé mentale, comme l’actuel Défi pancanadien de CanREA, pour que notre équipe se préoccupe davantage de son bien-être au travail.

Mais la sensibilisation à la santé mentale ne concerne pas que CanREA : elle est extrêmement importante pour tout le secteur de l’énergie renouvelable du Canada. En se souciant de la santé mentale au travail, les entreprises du secteur peuvent attirer de nouveaux talents et améliorer la santé et la sécurité, l’efficacité et le taux de rétention des travailleurs.

Idéalement, ces améliorations soulageraient certaines des pressions que subit la main-d’œuvre, laquelle doit augmenter exponentiellement pour soutenir la croissance sans précédent de l’éolien, du solaire et du stockage d’énergie nécessaire pour atteindre les cibles de carboneutralité du pays, comme le décrit la vision 2050 de CanREA.

Améliorer la santé et la sécurité

Ce n’est un secret pour personne dans le secteur : les postes sur le terrain sont très exigeants sur les plans physique et mental. Les lieux de travail des techniciens en éolien et en solaire sont éloignés et isolés par nature, et les travailleurs sont couramment exposés aux aléas de la météo.

Pour éviter tout risque de blessure pour eux-mêmes et pour les autres, les employés doivent être au sommet de leur forme… et leur équipe aussi. Mais quand on travaille dans un « bureau » où on croise plus souvent des bêtes sauvages que d’autres humains, on n’a pas beaucoup d’équipiers pour nous remplacer ou venir à notre rescousse en cas de problème physique ou mental.

Pas étonnant qu’une étude de l’Université de l’Alberta révèle que le personnel travaillant dans ces conditions vit plus de stress relié au travail que la population générale et souffre davantage de maladies chroniques.

Mais nous n’avons pas à rester là les bras croisés : les employeurs peuvent améliorer l’accès aux ressources en santé mentale, comme le programme Ça va pas aujourd’hui de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), qui favorise la sécurité psychologique au travail.

Renforcer l’efficacité

Notre secteur a besoin de travailleurs efficaces et productifs pour qu’on ne manque pas d’électricité. Mais un trouble de santé mentale peut avoir des répercussions directes sur la présence et la performance au travail.

Par exemple, selon une étude parue dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, la dépression peut nuire à la capacité d’un travailleur à effectuer des tâches physiques 20 % du temps et réduire le rendement cognitif 35 % du temps.

Globalement, la Commission de la santé mentale du Canada estime* que le fardeau économique de la maladie mentale au Canada s’élève à 51 milliards de dollars par année, dont 6,3 milliards attribuables à la perte de productivité.

Mais les personnes qui reçoivent du soutien et un traitement sont beaucoup plus susceptibles de connaître un regain de productivité. D’ailleurs, une étude de l’Université d’Oxford * suggère que les travailleurs sont 13 % plus productifs lorsqu’ils sont heureux.

Les employeurs voient eux-mêmes la différence : 88 % des professionnels en ressources humaines s’entendent* pour dire que les ressources en santé mentale peuvent améliorer la productivité du personnel.

Au final, une main-d’œuvre efficace signifie moins de temps d’arrêt et donc une production d’énergie, un rendement et des revenus supérieurs.

Réduire le roulement

Au Sommet sur l’opération 2023 de CanREA, de nombreux chefs de file de l’industrie ont parlé des problèmes de recrutement et de rétention du secteur à ce moment crucial, alors qu’il faut attirer plus de travailleurs que jamais.

Pour attirer les meilleurs talents et les garder à long terme, les entreprises doivent s’assurer que les employés ont toutes les ressources qu’il leur faut, y compris en santé mentale.

Les chiffres le prouvent : un sondage mené par l’organisme à but non lucratif en santé mentale au travail Mind Share Partners * révèle qu’aux États-Unis, 20 % des répondants ont déjà quitté volontairement un emploi pour des raisons de santé mentale. Ce nombre s’élevait à 50 % chez les millénariaux et à 75 % chez la génération Z, soit les tranches d’âge que notre industrie cherche à attirer et à maintenir en poste.

Tout cela a un coût non seulement humain, mais aussi financier. Chaque départ pourrait coûter aux organisations l’équivalent de 1,5 à 2,5 fois le salaire annuel de l’employé en question, d’après une étude publiée dans le journal Social Indicators Research.*

Et c’est pourquoi CanREA a lancé sa stratégie nationale pour la main-d’œuvre le mois dernier. Il s’agit d’une ressource unique qui vise à soutenir les efforts de développement de la main-d’œuvre et la croissance du secteur de l’énergie renouvelable au Canada, au moment où nous pavons la voie vers la carboneutralité.

*en anglais seulement

La main-d’œuvre du secteur de l’énergie renouvelable de demain

Si nous voulons que le secteur de l’énergie renouvelable du Canada soit un milieu de travail de choix aujourd’hui comme demain, nous devons mettre la santé mentale des employés au premier plan. Tout le monde y gagne, que ce soit sur le plan de la santé et sécurité, de l’efficacité, du recrutement ou de la rétention. C’est comme ça que nous bâtirons la main-d’œuvre de demain!

Alors… comment ça va pour de vrai? Et qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider?

En 2023, CanREA publiera une nouvelle série de billets de blogue mensuels. Pour ne rien manquer, abonnez-vous à notre infolettre Carrefour énergies!

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