Indicateurs de parcours pour les apprentis inscrits au Canada, 2019

Graphique 1

Oct 14, 2021

En 2013, 93 430 apprentis ont commencé leur formation. En 2019, soit six ans après s’être inscrits au programme, les apprentis de la cohorte de 2013 étaient moins susceptibles d’obtenir une certification dans leur métier et plus susceptibles d’abandonner leur programme comparativement à ceux qui s’étaient inscrits en 2011 et en 2012. Ce constat soulève des préoccupations croissantes quant à une possible pénurie de personnes de métier certifiées ou de travailleurs qualifiés, à mesure que la population des personnes de métier certifiées vieillit.

Une nouvelle étude publiée aujourd’hui porte sur les taux de certification des apprentis ayant commencé leur formation en 2013 et sur l’état d’avancement à l’égard de leur formation en 2019, soit six ans après s’être inscrits au programme. Cette analyse constitue un point de référence important pour comprendre les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les apprentis au moment où ils suivent ou terminent leur formation. Selon les données provisoires d’un récent article de Statistique Canada, la pandémie de COVID-19 pourrait avoir eu des répercussions négatives sur les inscriptions et les certifications dans les métiers en 2020, ce qui pourrait potentiellement contribuer encore plus à la baisse du nombre de certifications des apprentis.

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Taux de certification et d’abandon pour tous les métiers au cours d’une période équivalant à une fois et demie la durée du programme au Canada

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu moins du tiers des apprentis avaient obtenu une certification dans leur métier six ans après s’être inscrits à leur programme

De nombreux apprentis prennent plus de temps que la durée du programme pour obtenir leur certification dans leur métier. Les taux de certification et d’abandon chez les apprentis inscrits varient beaucoup selon le métier et sont influencés par de nombreux facteurs, comme l’âge, la formation d’apprenti suivie auparavant, le type de métier et la nécessité d’obtenir une certification pour travailler dans le métier.

Bien que la durée des programmes varie selon la province et le métier, la durée de programme la plus courante pour tous les métiers à l’échelle nationale est de quatre ans.
En 2017, soit quatre ans après s’être inscrits, environ le cinquième (20,9 %) des apprentis de la cohorte de 2013 avaient terminé leur formation, et le tiers (35,4 %) des apprentis avaient abandonné leur programme. En 2019, un peu moins du tiers (32,9 %) des apprentis avaient obtenu leur certification, et près de la moitié (45,4 %) des apprentis avaient abandonné leur programme.

En 2019, soit six ans après s’être inscrits à leur programme, les apprentis qui affichaient les taux de certification les plus élevés étaient ceux des métiers désignés Sceau rouge, notamment monteur ou monteuse de lignes sous tension (62,1 %), mécanicien industriel ou mécanicienne industrielle (de chantier) (50,5 %), mécanicien ou mécanicienne de machinerie agricole (47,8 %) et mécanicien ou mécanicienne de camions et transport (47,3 %). Parallèlement, 10 métiers désignés Sceau rouge sur 25 affichaient des taux d’abandon supérieurs à 50 %; les taux les plus élevés ont été observés dans les métiers de monteur ou de monteuse de charpentes en acier (66,2 %), de peintre et de décorateur ou de décoratrice (62,1 %) ainsi que de débosseleur ou de débosseleuse et de réparateur ou de réparatrice de carrosseries d’automobiles (58,2 %).

Graphique 2
Taux de certification de certains métiers désignés Sceau rouge au cours d’une période équivalant à une fois et demie la durée du programme au Canada, 2019

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Les programmes d’apprentissage sont particulièrement vulnérables aux fluctuations économiques, car la plupart des exigences en matière de formation dépendent de l’achèvement d’un certain nombre d’heures en milieu de travail. Les ralentissements économiques, par exemple la baisse des prix du pétrole de 2014 à 2016 qui a eu des effets plus importants sur les provinces riches en ressources comme l’Alberta, pourraient avoir des répercussions négatives sur la capacité d’un apprenti à conserver son emploi et à répondre aux critères d’emploi requis par son métier. Selon les données de l’Enquête sur la population active, de 2014 à 2016, le chômage a augmenté dans les secteurs où les apprentis sont les plus nombreux, comme la construction (+8,7 %), ainsi que la foresterie, la pêche, les mines, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz (+50,7 %).

Bien que l’économie se soit redressée de 2017 à 2019, les moins bonnes perspectives économiques observées par le passé pourraient avoir entraîné une diminution des taux de certification et une hausse des taux d’abandon pour la cohorte de 2013. Ces facteurs ont rendu les apprentis particulièrement vulnérables à de futurs ralentissements économiques, comme ceux qui se sont produits pendant la pandémie de COVID-19. Pendant la pandémie, de nombreux secteurs ont enregistré une augmentation du chômage, dont les services d’hébergement et de restauration (+219,6 %), ainsi que la fabrication (+91,9 %). D’autres secteurs ont été moins touchés, comme la construction (+42,6 %) ainsi que la foresterie, la pêche, les mines, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz (+47,3 %).

Les femmes apprenties sont plus susceptibles d’obtenir une certification dans un métier où elles sont traditionnellement plus représentées

L’augmentation des inscriptions et des certifications dans les métiers peut contribuer à prévenir la pénurie de personnes de métier qualifiées, à mesure que la population continue de vieillir. Encourager et soutenir la participation de groupes sous-représentés, comme les femmes, les Autochtones et les minorités visibles, dans les métiers spécialisés pourraient contribuer à atteindre ces objectifs.

En 2013, les femmes représentaient 15,1 % des nouvelles inscriptions dans l’ensemble des programmes d’apprentissage. Même si le métier d’électricien ou d’électricienne (construction) comptait le plus grand nombre de nouvelles inscriptions en 2013, c’est-à-dire un peu plus de 10 000, les femmes apprenties représentaient 4,4 % des nouvelles inscriptions. En 2019, 26,6 % des femmes apprenties avaient obtenu une certification dans ce métier, comparativement à 42,1 % des hommes apprentis. Six ans après s’être inscrites, plus de la moitié des femmes (58,2 %) avaient abandonné leur programme.

Dans les métiers où les nombres d’inscriptions d’hommes et de femmes sont comparables, l’écart dans les taux de certification entre les deux groupes était beaucoup plus faible. Par exemple, dans le métier de cuisinier ou de cuisinière, 30,0 % des femmes ont obtenu leur certification six ans après leur inscription, comparativement à 30,8 % des hommes.

En outre, les femmes apprenties étaient plus susceptibles d’obtenir une certification que les hommes dans les métiers où la majorité des apprentis étaient des femmes. Par exemple, dans le métier de coiffeur ou de coiffeuse, les femmes apprenties affichaient des taux de certification plus élevés (46,2 %) que les hommes (36,8 %) six ans après leur inscription.

Le pourcentage de femmes ayant obtenu une certification dans les métiers à prédominance masculine a augmenté depuis 2013

Les métiers à prédominance masculine sont définis comme des métiers où 80 % ou plus des personnes inscrites sont des hommes. En 2013, les six métiers à prédominance masculine qui comptaient le plus grand nombre d’inscriptions étaient les métiers d’électricien ou d’électricienne en construction, de charpentier ou de charpentière, de soudeur ou de soudeuse, de monteur ou de monteuse d’appareils de chauffage, de plombier ou de plombière et de mécanicien ou de mécanicienne de véhicules automobiles.

En 2019, soit six ans après s’être inscrites, les femmes apprenties étaient moins susceptibles d’obtenir une certification dans ces métiers à prédominance masculine que leurs homologues masculins. L’écart dans les taux de certification était plus prononcé dans les métiers de mécanicien ou de mécanicienne de véhicules automobiles, d’électricien ou d’électricienne (construction) et de plombier ou de plombière. En revanche, l’écart dans les taux de certification était plus faible dans les métiers de charpentier ou de charpentière et de monteur ou de monteuse d’appareils de chauffage; et cet écart était presque nul pour les soudeurs ou soudeuses. Pour chacun de ces métiers à prédominance masculine, les femmes apprenties étaient plus susceptibles d’abandonner leur programme que leurs homologues masculins.

Malgré les différences dans les taux de certification et d’abandon de programme observées au fil du temps, les femmes apprenties ont continué de faire des percées dans ces programmes. Selon le Système d’information sur les apprentis inscrits, le nombre de femmes ayant obtenu une certification dans ces six métiers à prédominance masculine est passé de 554 femmes certifiées en 2013 à 597 femmes certifiées en 2019 (+7,8 %), tandis que le nombre d’hommes ayant obtenu une certification dans ces métiers a diminué de 5 580 (-23,3 %).

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Taux de certification des femmes et des hommes apprentis qui se sont inscrits à un programme de métiers à prédominance masculine en 2013, six ans après l’inscription (2019)

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La pandémie de COVID-19 pourrait avoir des répercussions sur les parcours d’apprentissage pendant de nombreuses années

Les apprentis qui suivaient une formation ou qui étaient sur le point d’obtenir une certification dans un métier peuvent avoir été confrontés à un certain nombre d’obstacles quant à leur formation technique ainsi que sur le marché du travail en raison de la pandémie de COVID-19. Parmi ces obstacles figuraient des annulations ou des retards de formation, car de nombreux ministères responsables de la formation et de nombreux établissements d’enseignement ont cessé leurs activités partout au Canada. Comme le chômage a augmenté et que les conditions économiques se sont détériorées en raison de la pandémie, certains apprentis ont peut-être aussi été confrontés à des mises à pied ou à une diminution des heures achevées en milieu de travail, et l’achèvement de ces heures constitue une exigence importante pour la certification.

Selon un récent article de Statistique Canada, la pandémie de COVID-19 pourrait avoir eu des répercussions sur les inscriptions et les certifications dans les programmes de métiers en 2020. En effet, les données préliminaires sur les apprentis inscrits révèlent que les inscriptions ont diminué de 43,0 % et que les certifications ont diminué de près de moitié (-48,7 %) pendant huit mois en 2020 par rapport à la même période en 2019. Pour les apprentis, ces conséquences risquent de durer des années au-delà de 2020 si les ralentissements économiques se poursuivent, ce qui aurait d’autres répercussions sur les taux d’inscription et de certification en baisse dans les métiers. Cette situation pourrait accroître les préoccupations liées à une pénurie potentielle de personnes de métier certifiées au Canada.

Source : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/210624/dq210624b-fra.htm

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