Budget 2026-2027 : MEQ souligne des mesures positives pour le secteur manufacturier, mais s’inquiète de multiples angles morts
31-mars-2026
Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) réagit en demi-teinte face au budget 2026-2027 annoncé aujourd’hui par le ministre des Finances, M. Eric Girard. Si le ministre reconnait le caractère essentiel du secteur manufacturier, notamment au moyen d’une enveloppe de 375 M$ pour appuyer les entreprises et encourager l’innovation, MEQ souligne certains angles morts.
Des mesures positives pour le secteur manufacturier
MEQ se réjouit de voir que des mesures pour soutenir les entreprises manufacturières ont été reconduites. Celles-ci permettront d’offrir une prévisibilité accrue pour les entreprises, contribuant à améliorer leur compétitivité.
- Reconduite du programme ESSOR : Le budget 2026-2027 prévoit une somme de 375 M$ afin d’accélérer la concrétisation de projets d’investissement via le programme ESSOR et le Fonds de développement économique afin d’augmenter la productivité des entreprises. Le gouvernement annonce également le renouvellement du programme Essor jusqu’en 2030-2031, assurant plus de prévisibilité aux entreprises.
- Renouvellement du crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i) : Le budget confirme également le renouvellement du crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i) et annonce un nouveau congé fiscal jusqu’en 2029 pour soutenir les grands projets d’investissement.
- Soutien à l’intégration de l’intelligence artificielle: Des sommes de 25 M$ sont prévues pour soutenir l’implantation de ces nouvelles technologies dans les entreprises, une solution pour améliorer la productivité
- Soutien pour les entreprises forestières : Le budget annonce une enveloppe de 365,1 M$ pour appuyer les entreprises et les communautés forestières et prévoir l’abolition de la redevance annuelle afin d’améliorer la compétitivité du secteur forestier par une réduction du coût de la fibre.
Des angles morts aux impacts majeurs pour les manufacturiers
Alors que les tarifs douaniers et le contexte économique actuel causent toujours des maux de tête aux entreprises, plusieurs angles morts sont présents dans ce budget et pourraient faire mal aux entreprises qui attendent des mesures spécifiques pour soutenir leurs secteurs.
- Des tarifs douaniers qui pèsent encore lourd: Si des mesures sont en place pour soutenir les entreprises forestières touchées par les tarifs douaniers, ce n’est malheureusement pas le cas pour les autres sous-secteurs manufacturiers dont les exportations sont tarifées : acier, aluminium, camions, autobus, cabinets de cuisines et salles de bains. Nous aurions souhaité une aide spécifique et adaptée à ces entreprises, notamment pour assurer leurs niveaux de liquidités.
- La main-d’œuvre, toujours l’enjeu numéro 1: Alors que le secteur compte toujours 12 000 postes vacants. Malgré cela, si 150 M$ sont prévus pour la promotion des emplois dans les secteurs du génie et des TI, aucune enveloppe n’est octroyée pour le secteur manufacturier. Pourtant, il est essentiel d’avoir une capacité de main-d’œuvre qui produit. Il est donc essentiel de mettre sur pied une campagne spécifique pour la promotion des métiers manufacturiers. La francisation est également un aspect phare, alors qu’il s’agit d’une condition essentielle pour conserver des travailleurs étrangers, aucune somme n’est prévue pour ces programmes. MEQ invite donc le gouvernement à faire preuve de flexibilité et à revoir les sommes octroyées à ce niveau.
- L’approvisionnement local, encore une promesse: L’augmentation des investissements en termes dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) est intéressante, mais aura un véritable effet uniquement si les le gouvernement adopte une réelle stratégie d’approvisionnement public qui favorise les produits fabriqués ici. Il faut voir ces dépenses comme des investissements qui peuvent soutenir nos entreprises. Malgré les intentions annoncées, nous attendons toujours les nouvelles orientations qui doivent arriver rapidement, avant les prochaines élections.
Citation
« MEQ s’inquiète de voir que le budget ne présente aucune grande réflexion structurelle pour améliorer l’environnement d’affaires des entreprises manufacturières. Il y a toutefois une occasion à saisir, le ministre Girard a annoncé une provision substancielle pour la personne qui prendra la tête du gouvernement en avril. Nous nous attendons à ce que le ou la prochain première ministre utilise ces sommes pour soutenir les entreprises manufacturières, notamment celles visées par les tarifs douaniers et pour amener des solutions en matière de main-d’œuvre. »
- Julie White, présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec
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