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Eric_Deschenes_400.gifLine Goyette

6 mars 2020

Nouvelle figure à la tête de l’unité d’affaires électrification et d’ABB Canada, Éric Deschênes n’est pas un nouveau venu dans l’industrie électrique. Un long parcours que nous avons déjà souligné en insistant sur sa passion pour la recherche de solutions pratiques pour optimiser l’adoption de technologies.  Nous l’avons rencontré récemment pour discuter de son nouveau rôle à la direction d’ABB Canada et de ses projets. Il tient d’abord à préciser que le changement récent à la structure d’ABB Canada, comme ailleurs dans le monde, a été apporté pour décomplexifier la relation clients. « La matrice corporative a été allégée pour se rapprocher du client », précise Éric. 

Notre rencontre a lieu dans les locaux d’ABB à Iberville, ceux qui, il y a peu, portaient le logo de Thomas & Betts. Pour Éric Deschênes, ce lieu est plus qu’emblématique, « Thomas & Betts a apporté une signature et une culture importantes à ABB et qui tournent autour de deux axes : le réseau de distribution et le client utilisateur. Ces deux éléments doivent être au cœur de tout processus.  Même si tu proposes le meilleur produit, si faire des affaires ensemble est difficile, le client va ailleurs. » Pour l’heure, le nouveau dirigeant d’ABB Canada travaille à mettre en place une plateforme numérique où le client est toujours au cœur des processus. 

Le changement est amorcé. Le but avoué est d’avoir une valeur différentielle sur le marché. « On compétitionne aujourd’hui avec des gens qui pourraient être dans leur garage. Si un individu offre un produit qui correspond au besoin d’un client et qu’il propose une nouvelle technologie, il devient un compétiteur, d’où l’importance de se rapprocher du client et de décomplexifier les relations quotidiennes et les processus d’affaires, » insiste Éric Deschênes et il précise que ce changement a été amorcé sous la direction de Nathalie Pilon. « Quand elle est passée de la présidence de T&B à ABB Canada, elle a cherché à faire travailler toutes les unités d’affaires ensemble de manière à donner une valeur ajoutée et différenciative à ABB. Je me fais un devoir de poursuivre ce que Nathalie a amorcé, le changement se fera dans la continuité, » tient-il à préciser. 

Un virage numérique dans l’ensemble des processus à l’interne et à l’externe

Au cœur de ces changements, la révolution numérique à l’interne et à l’externe. « On veut offrir une pertinence et une valeur ajoutée au client. Nous éliminons les étapes bureaucratiques inutilement longues et on les remplace par des processus numériques et on voit le traitement des demandes passer de 60 à 3 jours. On parle également de VMI, de sélecteurs de produits en ligne. On veut être le partenaire le plus efficace pour nos partenaires de distribution pour les produits standards, les produits de configuration et les produits d’ingénierie. » Éric poursuit, « l’intégration de GE à ABB nous permet d’offrir plus de 20 000 lignes de produits standards au centre de distribution de Bromont. Tout est centralisé pour ces produits : une commande, une expédition, une facturation. Quand nous avons réfléchi à l’intégration de GE, la question était de trouver comment intégrer cette entité et progresser en tant qu’entreprise. Nous sommes partis de l’ADN de Thomas & Betts, c’est-à-dire devenir le partenaire le plus efficace pour nos distributeurs, être le plus numérisé et le plus technique pour amener de la pertinence et de la valeur ajoutée pour garder le client au centre de tous nos processus. »

« Le point commun de toutes les unités d’affaires sera la numérisation à deux niveaux, à l’interne et à l’externe. À l’interne, nos usines et centres de distribution seront tous équipés de la technologie ABB. Au niveau des processus, nous allons réduire au maximum la bureaucratie non nécessaire, toute interaction manuelle qui ajoute une pression inutile dans une transaction sera enlevée. On va numériser le plus possible les interactions entre les gens pour apporter une efficacité incomparable. Cette numérisation externe c’est ABB Ability, la plateforme numérique que toutes les unités d’affaires vont implanter. »

Projets – Produits et assemblés au Canada

Au Canada ABB possède environ 50 buildings, 9 usines de fabrication et d’assemblage et le centre de distribution de Bromont qui pour le moment n’a que des produits d’électrification. « Nous allons créer de l’espace dans le campus de Montréal pour que Bromont devienne un centre de distribution pour les produits de toutes les unités d’affaires. Nos clients sont souvent les mêmes, en automatisation, électrification ou produits de basse tension. Nous allons effectuer une migration de nos systèmes d’affaires pour avoir un seul ERP. » 

Le centre de distribution de Bromont va donc migrer de Bromont produits d’électrification vers Bromont ABB Canada et dans l’espace créé au campus de Montréal, seront amenées 5 lignes de production de produits anciennement fabriqués aux États-Unis dont les centres de contrôle moteurs, panneaux de raccordement et panneaux d’éclairage. C’est un projet important auquel tient Éric Deschênes. « Ce ne sera pas un kit de montage. L’acier va venir du Canada, la fabrication sera faite au Canada et l’assemblage final au campus de Montréal. Nous avons testé avec succès le premier panneau d’éclairage qui a été fabriqué en novembre et expédié au client, ça fonctionne. On est en train de recalibrer le tout pour réduire les coûts de tous nos partenaires. Le marché canadien, compte 880 points de distribution, on a accès à 660 points de distribution. On a donc intérêt à simplifier et maximiser pour optimiser. Passer à côté du distributeur serait une erreur fondamentale sur la façon de servir le marché au Canada. » 

On se donne rendez-vous dans un an et je lui demande quels sont les objectifs de cette année sur lesquels nous reviendrons dans notre discussion en 2021. « L’objectif no 1 est de s’assurer que nous poursuivons la même croissance soutenue (croissance supérieure à 10 %) avec l’implication de nos employés. Ce sont eux qui prennent les décisions, qui sont près des clients. Nous avons confiance en eux. Mon deuxième objectif c’est d’accélérer la numérisation à l’interne et à l’externe et le troisième, celui qui nous donnera le plus de plaisir, c’est l’intégration de tous les produits standards, configurables et d’ingénierie aux processus manufacturiers et d’assemblage au Canada. C’est un rendez-vous!

Line Goyette est Directrice de rédaction du Groupe Électrique de Kerrwil Publications