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mcglogan_400.gifLine Goyette

17 octobre 2019

Nous savons tous que l’industrie 4.0 est à nos portes et que nous sommes devant des changements technologiques et humains importants dont certains nous questionnent sur nos valeurs profondes. L’intelligence artificielle, l’internet des objets, la numérisation, l’électrification des transports, la diversité et l’inclusion font partie de ces changements incontournables qui toucheront notre industrie de plein fouet, tant dans ses meilleures pratiques que dans ses modèles d’affaires. Nous avons plusieurs atouts pour y faire face, dont une avocate indéfectible de notre industrie : Carol McGlogan. Elle est la première femme à occuper le poste de présidente-directrice-générale de l’Électro-Fédération Canada (ÉFC) alors que ces changements affectent notre industrie et sa confiance en l’avenir et dans la capacité de notre industrie à relever ces défis ne semble jamais remise en question. 

Je la croise souvent au cours d’événements de l’industrie, mais c’est dans les nouveaux bureaux de l’ÉFC à Toronto qu’aura lieu notre entretien. Les nouveaux locaux offrent un espace ouvert et accueillant avec plusieurs salles de réunion et des espaces décontractés afin de promouvoir la collaboration et de fournir une installation attrayante pour les réunions des membres. Carol souligne que chaque aspect de l'éclairage est présenté dans ces salles et présente les technologies les plus récentes en matière d'éclairage afin de refléter l'innovation menée par notre industrie. Les systèmes d'éclairage ont été donnés par les membres et démontrent l'impact qu’a notre industrie sur le développement durable et la productivité. Telles sont certainement les remarques d'une professionnelle du marketing qui a eu une longue et fructueuse carrière chez les fabricants d'éclairage. En fait, c'est dans ce segment de l'industrie que sa carrière a commencé.

« Dès la fin de mes études universitaires, j'ai vu une offre d'emploi pour une assistante en marketing. La description de poste était attrayante et après le premier entretien avec l’entreprise, le poste m’intéressait. Je suis ensuite allée pour un entretien avec le président l’entreprise. Même si le travail semblait attrayant, je n’étais pas sûr de pouvoir bien m'entendre avec lui. Ce président a fini par être mon mentor et m'a beaucoup appris. Il avait une éthique de travail extraordinaire et si je suis là où je suis aujourd'hui c’est grâce à lui. J’étais au début de la vingtaine quand j’ai pris ce poste. J'ai eu de la chance de travailler avec des leaders ouverts et en avance sur leur temps. »

Carol n'avait aucune expérience dans l'industrie. Les premiers défis qu'elle a rencontrés lui restent à l'esprit et les leçons qu'elle a apprises lui servent encore aujourd'hui. « Mes plus grands défis ont été d'apprendre à connaître le marché, d'établir des relations avec les clients et de comprendre les facteurs déterminants. J'ai passé beaucoup de temps au début à développer ma carrière et à élargir mon réseau. J'ai finalement passé 32 ans entre Canlyte et Philips, maintenant Signify, et eu énormément d'expériences positives. Ces entreprises ont investi dans ma formation, m'ont promu au sein des organisations et m'ont encouragée à participer aux comités de l'industrie. »

Un des premiers comités auxquels Carol a participé était le Conseil de l’approvisionnement et de la distribution (Supply & Distribution Council ) de l’ÉFC. « Faire partie de l’ÉFC m'a énormément aidée. Ma carrière n'aurait pas été la même sans cette implication. J’ai développé un réseau solide, appris d’autres professionnels de l’industrie et acquis une visibilité sur l’ensemble du marché de l’électricité. » Carol a passé 10 ans à faire du bénévolat à l’ÉFC.

La carrière de Carol s’est poursuivie et elle a occupé des postes en marketing, en gestion de canaux et en gestion des ventes. Ensuite, l'occasion s'est présentée à la direction générale de l’ÉFC. « J'étais heureuse là où j'étais - par nature je suis très loyale - mais trois ou quatre personnes ont tapé sur mon épaule. À ce stade, j'avais déjà beaucoup d'expérience au sein de l’ÉFC. C'était une grosse décision, alors j'en ai parlé à mon mari et j'ai décidé d’y aller.

Qu’est-ce qui l'a poussée dans cette direction ? « Ce poste me donnait la possibilité d’en apprendre davantage sur différents produits et sur d’autres aspects de l’industrie. J'étais également impatiente d'interagir avec les membres du conseil d'administration sur des questions qui sont importantes pour eux. J'apprends quelque chose de nouveau chaque jour et je suis fière des initiatives que nous avons déjà entreprises, notamment le changement de marque et le déménagement du bureau. Je suis une spécialiste en marketing. Quand je suis arrivée, j'ai décidé que nous devions redéfinir la marque ÉFC. Nous avons demandé un financement au conseil d'administration, qui a accepté. La nouvelle image de marque explique comment l’ÉFC soutient sa communauté florissante de membres, en leur fournissant des programmes et des services essentiels pour les aider à se développer, à diriger et à faire face à la concurrence. Il s'agit de garder l’ÉFC à jour et de refléter fidèlement l'identité du membership. »

« Avant d’occuper ce poste à la direction de l’ÉFC, j’étais membre du conseil d’administration et c’était très intimidant, très formel. Quand j'ai commencé à occuper mon poste actuel, j'ai interviewé chaque membre du conseil (32) pour savoir ce qu'ils aimaient, leurs problèmes et ce qu'ils cherchaient en tant que membre du conseil. Ils ont tous parlé de « réseautage et d’apprentissage ». Ces personnes influentes et membres du conseil d’administration sont ici pour en apprendre davantage. Nous essayons donc, à chaque réunion, d'intégrer une forme d'apprentissage et d'encourager la participation. En tant que présidente et chef de la direction, je veux recevoir des directives du conseil d’administration, mais il est également important pour moi qu’ils soient heureux d’y siéger. »

Alors que notre conversation se poursuivait, j'ai posé une série de questions rapides à Carol.

Qu'est-ce que le succès?

« Pour moi, le succès c’est faire une différence, peu importe où. Pour l’ÉFC, nous voulons être la voix de la communauté électrique la plus innovante qui alimente un monde en mutation. Nous sommes pour la durabilité, les maisons intelligentes, les villes intelligentes, l’électrification et une foule d’autres tendances importantes… nous avons beaucoup à apporter à la société. »

Quels sont les défis devant vous ?

« Pour l’association, le défi est d’assurer de la valeur à nos membres. Qu'est-ce qui fera que chaque année les membres voudront renouveler leur membership. Chacun à sa place à l’ÉFC pour apprendre, grandir et contribuer. Notre vision c’est d'être la dernière association à rester car nous serons celle qui offrira le plus de valeur à ses membres. C’est pourquoi une autre de mes premières initiatives a été le tableau de bord. Je veux que tout le monde sache quels sont nos indicateurs clés, ce que nous mesurons et comment nous nous efforçons de nous améliorer. »

Si vous pouviez changer une chose à propos de notre industrie, ce serait quoi ?

« Nous devons cesser de nous excuser d’être le secteur de l’électricité, affirmant que nous ne sommes pas très sexy ou qu’il s’agit d’un club de vieux garçons. Nous alimentons réellement un monde en mutation; nous devons avoir des discussions plus approfondies sur la manière dont nous contribuons à ce monde en mutation. C’est une période très excitante pour faire partie de l’industrie électrique! »

Et je ne peux certainement pas argumenter avec elle sur ce point!