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Jacques-Fiset-400.gif13 septembre 2019

Line Goyette

Jacques Fiset est depuis plus de trois ans directeur des ventes commerciales chez Westburne Québec, une division de Rexell Canada Electrique Inc. et Président de la section Québec de l’Électro-Fédération depuis le printemps dernier. Diplômé en relations industrielles de l’Université Laval, son parcours professionnel s’est déroulé de son propre aveu, face au client, en vente et gestion des ventes, principalement pour des fabricants et des intégrateurs en haute technologie, finances, sécurité – alarme – incendie. Je lui demande comment après ces détours, il s’est joint à l’industrie électrique. « J’ai toujours pensé et dit à mes collaborateurs qu’il ne fallait jamais couper les ponts complètement lors de changement de milieux ou de marchés verticaux. On ne sait jamais qui et quand nous recroiserons nos anciens collègues. »  Sage conseil, puisque ce sont d’anciennes relations d’affaires qui l’ont invité à se joindre à l’industrie électrique et qu’il occupe son poste actuel. Son objectif global à ce nouveau poste est d’appuyer le plus concrètement possible son équipe et les clients du distributeur électrique pour créer un environnement de confiance qui permettra une croissance dynamique de part et d’autre. 

Est-ce que le fait d’arriver dans une nouvelle industrie représente certains défis?

« Comme j’aime apprendre cette industrie est particulièrement intéressante et à point tournant de son développement. Il y a tellement de nouveautés et d’évolutions majeures. Il suffit de penser à l’éclairage qui est passé de l’incandescent au DEL, d’un élément de base à un élément architectural (il cite le cas du pont Jacques-Cartier dont l’éclairage est devenu un emblème de Montréal). Il poursuit en mentionnant le Lifi (la communication sans fil qui passe par la lumière) qui arrive rapidement sans parler des bâtiments intelligents, de la domotique, de l’internet des objets industriel, etc. » 

Il souligne également le réseautage qui est au cœur du modèle d’affaires dans notre industrie. « Quand je regarde avec les yeux d’un distributeur ou encore avec ceux de l’Électro-Fédération, je constate que nos interventions touchent beaucoup de personnes de diverses industries et ça compte beaucoup car même encore aujourd’hui les affaires sont basées sur les relations humaines. »

Son parcours professionnel est suffisamment long pour qu’il ait eu le temps d’apprendre de ses erreurs et de ses succès et en tirer certaines conclusions.  Qu’en dit-il? « C’est une question qui peut se répondre facilement. Pour moi le succès est à la fin du mandat, du projet ou de la vente, il se célèbre, mais est éphémère. C’est la route qui y mène qui elle, est souvent remplie de défis, de détours et d’erreurs et c’est justement là, que selon moi, tout se joue. Apprendre à les contourner, les surmonter se fait souvent en allant chercher le support et l’expertise des gens de notre entourage. C’est la force de l’équipe qui compte pour moi, pas seulement l’individu et c’est en équipe que l’on célèbre le succès. »

Les défis de notre industrie

Questionné sur les défis de notre industrie, il n’hésite pas à répondre. « Je n’apprendrai rien à personne en parlant de la pénurie de main d’œuvre qui devient de plus en plus généralisée dans une industrie qui n’est pas toujours la plus connue. C’est pour notre relève est un défi de taille. L’ÉFC à un volet jeunes professionnels pour les moins de 40 ans et cette section doit demeurer très active pour promouvoir notre industrie. Pour ma part, je veux intensifier nos interactions avec les écoles professionnelle à travers la province pour informer, promouvoir notre industrie et préparer notre relève. »

Il poursuit ainsi, « je dirais de façon générale que pour cette industrie comme pour toutes les autres que j’ai côtoyées, il faut désirer apprendre, s’intéresser, être curieux, poser des questions, élargir son réseau social, côtoyer les évènements du domaine. En gros, il faut vouloir repousser ses limites, aimer se dépasser. Notre domaine offre tellement d’opportunités variées et touche une vaste gamme de produits et de marchés verticaux. Tous peuvent y trouver leur compte et y relever leurs propres défis. » 

La relève est vraiment au cœur de ses préoccupations. Dans ce contexte est-ce qu’il voit le mentorat comme un élément important dans la formation professionnelle. « Le mentor entre souvent dans nos vies sans qu’on s’en rende vraiment compte. C’est parfois quand ils ont fait leur travail que l’on s’aperçoit qu’ils étaient là. Leur travail est souvent invisible. Ils n’accompagnent pas des jeunes pour gagner en popularité ou pour se mettre en valeur. Ils sont là pour le succès de leur mentoré. Finalement, un mentor est très proche de ce que je considère comme un vrai leader. Son rôle n’est pas seulement au niveau professionnel, il intervient également au niveau de la responsabilité sociale, de l’éthique, de la tolérance face à l’ambiguïté, à l’incertitude et au stress. C’est une personne qui nous aide à trouver notre équilibre et utiliser nos forces. » 

Le sujet l’intéresse visiblement. Quand il parle de ses lectures, il mentionne son plus récent livre : The Leader’s Compass de Ed Ruggero et Dennis F. Haley, qui décrit le leadership comme étant une philosophie, une structure. Les leaders ne sont pas des dictateurs précise-t-il et ils guident par leurs propres actions.  

Nous terminons notre entretien en parlant plus spécifiquement de son engagement envers l’ÉFC et de son rôle à la tête de l’organisation pour le Québec. Il a d’abord siégé au conseil d’administration de l’organisation au siège du distributeur et pendant une année il était vice-président. « J’ai été intéressé à prendre la relève de Jean-Marc Myette en tant que président de la section Québec parce que je veux pouvoir contribuer à l’industrie parce que je reçois énormément de l’industrie. » Cette contribution il la voit essentiellement au niveau de la relève. « J’ai une vision un peu différente à cause de mon parcours qui a côtoyé d’autres industries. Je veux être présent dans tous les types d’écoles professionnelles, y être assidu. Je veux informer les jeunes que nous existons et que notre domaine comprend plusieurs branches. Je veux qu’ils sachent que leurs possibilités sont très vastes et que nous sommes au cœur des changements sociaux devant nous, de l’électrification à la robotisation. Je privilégie beaucoup nos relations avec le Réseau des jeunes professionnels parce que ce sont eux qui nous donnent le pouls sur la relève. » Il est heureux de dire que le conseil d’administration de l’ÉFC – Section Québec a maintenant un siège pour un jeune professionnel. Il veut établir des liens plus solides entre les générations. « Nous avons énormément à échanger et à apprendre les uns des autres et c’est ensemble que nous allons pouvoir relever l’important défi de la diversité, un élément-clé de la relève. C’est un beau défi en avant de nous. »