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lme_chauffage_400.gifStéphane Lettre, 
Directeur, marketing stratégique chez Stelpro

Aujourd’hui la planète entière parle de climat, de réduction de l’empreinte écologique et d’efficacité énergétique. Les différents gouvernements prennent des engagements visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre et les gens sont de plus en plus conscientisés par rapport aux impacts des choix qu’ils effectuent au quotidien. Un autre phénomène qui s’accélère en parallèle est la recherche de l’économie par les ménages dont le niveau d’endettement ne cesse de croître, et les entreprises qui cherchent à demeurer compétitives et profitables.

Selon Ressources naturelles Canada le chauffage représente de 56 à 64 % de la consommation d’énergie des maisons et des immeubles.1 Cet aspect représente donc une excellente opportunité pour réduire l’empreinte écologique et les coûts. Utiliser le bon thermostat est la clé qui permettra de réaliser des économies substantielles.

Les thermostats mécaniques (bimétalliques)

Ce type de thermostat est présent sur le marché depuis l’apparition du chauffage électrique. Ils sont encore très présents dans les résidences et les immeubles, et se retrouvent encore dans des projets de rénovation et de nouvelles constructions. Mais ce sont les unités les moins performantes au niveau de la consommation d’énergie et du confort des occupants.

La précision de ces thermostats n’est que de +/-2o, pouvant aller jusqu’à +/-5 o2 suite à la dégradation des plaques bimétalliques due à l’usure. Selon ASHRAE, un individu peut détecter une fluctuation de température de 2 degrés. Ceci a pour effet que la consigne d’un thermostat mécanique est habituellement plus élevée afin que les occupants soient confortables à la température la plus basse de la fourchette de variation du thermostat, entraînant un chauffage excessif et une surconsommation d’énergie. La dégradation dans le temps peut aussi nécessiter un recalibrage par un technicien.

Il peut aussi y avoir un impact négatif sur une tension du réseau contrôlant le dissipateur thermique (emboutissage de métal) causé par des charges d'ampérage plus élevées ou plus faibles sur le système de chauffage. Une charge d'ampérage maximale pourrait signaler une température fautive à la plaque bimétallique et causer un cycle précoce qui pourrait générer le besoin d'ajuster la consigne dans une pièce où la température est en dessous du niveau désiré. Une charge d'ampérage trop faible pourrait retarder le cycle et faire monter la température de certaines pièces au-delà de la consigne. 

Les thermostats électroniques – jusqu’à 20 % d’économie d’énergie

Les thermostats électroniques permettent de réaliser des économies substantielles principalement grâce à la précision de leurs sondes et capteurs, et leur meilleure gestion du confort. La norme C828-13 spécifie une précision de +/- 0,5o pour ce type de contrôle et certains modèles atteignent même une précision de +/- 0,1o. Grâce à ce niveau de précision, le confort ressenti par les occupants est constant et les températures de consigne choisies sont généralement plus basses de 2o en comparaison avec un thermostat mécanique.

Une étude réalisée par une équipe de l’École Polytechnique Montréal a démontré que les thermostats électroniques non programmables permettent ainsi de réaliser des économies d’énergie allant jusqu’à 12 % comparativement aux thermostats mécaniques.

Les thermostats électroniques programmables quant à eux entraînent des économies d’énergie allant jusqu’à 20 % selon la même étude. Ce qui fait la différence est la capacité de programmer un abaissement de température automatique lorsque les occupants sont absents et lorsqu’ils dorment. Le simple fait d’abaisser la température de 3o pendant la nuit permet d’économiser jusqu’à 6 % en coûts de chauffage.2    

Les thermostats intelligents – jusqu’à 25 % d’économie d’énergie

Bien présents dans le domaine du chauffage central depuis quelques années, les thermostats intelligents sont relativement nouveaux dans le contrôle du chauffage électrique. Ils bénéficient du même niveau de précision que les thermostats électroniques, mais leurs fonctionnalités plus avancées permettent de réaliser encore plus d’économies, tout en bénéficiant de caractéristiques qui facilitent leur utilisation.

À la base ces unités offrent les mêmes possibilités de programmer des abaissements de température de façon automatique, que ce soit sur la base traditionnelle des quatre événements par jour ou encore grâce à la gestion par activités qui permet une meilleure adaptation au style de vie de l’utilisateur.

Pour aller chercher chaque point d’économie additionnel, on cherchera notamment un modèle qui offre la fonction de géobarrière. Celle-ci fait en sorte que la température est automatiquement abaissée lorsque les occupants sortent d’un rayon prédéterminé autour de la maison, et remontera automatiquement à leur retour. Il n’y aura donc pas de chauffage inutile pendant que les occupants sont à l’extérieur.

Une application simple et intuitive facilitera aussi la gestion des absences prolongées ou imprévues en permettant le contrôle à distance, peu importe où l’occupant se trouve dans le monde, pour encore plus d’économies. 

D’autres fonctionnalités comme le groupement des pièces, la détection de fenêtre ouverte et les rapports de consommation contribuent aussi à améliorer la performance sur le plan énergétique.

Un investissement qui rapporte gros

Il en coûte environ 1 500 $ pour chauffer une maison unifamiliale de 1 500 pieds carrés située au Québec et une économie de 25 % représente ainsi 375 $ par année. Ce sont 375 bonnes raisons pour changer ses thermostats, et l’environnement vous en remerciera tout autant.

Sources :

  1. https://www.rncan.gc.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/files/emmc/pdf/2018/fr/18-00072-nrcan-roadmap-fra.pdf
  2. http://www.transitionenergetique.gouv.qc.ca/mon-habitation/conseils-pratiques/thermostats/#.XJLBAyhKhPY